CARNET DE TERRAIN

Compte rendu de sortie

110)

 

 

Dimanche 17 mai 2015

 

DROSERA INTERMÉDIAIRE

(Drosera intermedia

Une tourbière est un type de zone humide colonisée par la végétation, dont les conditions écologiques particulières ont permis la formation d'un sol constitué d'un dépôt de tourbe.


Le sol est saturé en permanence d'une eau stagnante ou très peu mobile, limitant la disponibilité de l'oxygène nécessaire au métabolisme des micro-organismes (bactéries et champignons), responsables du recyclage de la matière organique.


Dans ces conditions asphyxiantes, la litière végétale ne se minéralise que très lentement. Elle s'accumule alors progressivement, formant un dépôt de matière organique mal ou non décomposée : la tourbe. Celle-ci contient au moins 20 % de carbone (la tourbière peut être un "puits de carbone") et peut s'accumuler sur plusieurs mètres d'épaisseur, au rythme moyen de 0,2 à 1 mm par an.



Les tourbières, comme la plupart des zones humides, étaient autrefois considérées comme des marais insalubres et dangereux, qu’il fallait à tout prix assécher et assainir au nom de la salubrité publique.


Mais la tourbe a depuis très longtemps été exploitée, comme matériau combustible ou horticole. Cette exploitation destructrice a causé des pertes quasi irréversibles, en raison du temps nécessaire à la formation de la tourbe.


Ce n’est que depuis une vingtaine d’années que l’on a mieux cerné et compris le rôle majeur qu'assurent ces milieux et admis la nécessité de leur conservation.


Situées à l'interface entre les milieux terrestres et aquatiques, les tourbières sont de véritables réservoirs de vie et jouent un rôle essentiel dans le cycle de l'eau en tant qu’infrastructure naturelle.

La tourbe est un substrat pauvre en éléments nutritifs car les minéraux essentiels, les substances azotées, ne sont présents, sous forme disponible pour les plantes, qu’en très petites quantités.


Aussi les plantes de la tourbière ont depuis longtemps développé des moyens de s’adapter à cette situation. L’adaptation la plus spectaculaire est sans nul doute la faculté de piéger de petits insectes, puis de les digérer.


La plante sécrète des enzymes « les pepsines » qui décomposent les protéines du corps de l’animal, et absorbe par ses feuilles les substances riches en éléments, principalement l’azote qu’elle ne peut se procurer en suffisance dans le sol.

 

 

Dans ce milieu bien particulier, nous trouvons une petite plante carnivore « la Droséra ». Sur les indications de Stéphane, je me suis intéressé à une tourbière béarnaise où est présente la Droséra intermédiaire (Drosera intermedia) qui fait l’objet d’une protection nationale. (Liste des espèces végétales protégées sur l'ensemble du territoire français métropolitain, en Annexe I).


Haute de 5 à 20 centimètres, de nombreux poils rougeâtres à la face supérieure de la feuille, portent des gouttes de la sécrétion gluante qui constitue le piège. Ces gouttes qui scintillent au soleil attirent l’insecte qui s’englue. Les poils se rabattent alors sur la victime, le limbe de la feuille s’incurve et l’emprisonne. Les poils plus courts du centre de la feuille sécrètent la substance mortelle, la digestion commence. Le piège redevient fonctionnel quand la feuille est sèche et que les restes de la victime s’en sont détaches.

 

Attention : 

Se déplacer dans une tourbière n’est pas anodin. C’est un milieu très fragile et le trajet doit être étudié et la progression lente afin pour ne pas causer de dégâts par le piétinement.

 

 

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Faucon crècerelle jeune Jean-Louis SOULE photographies
Jeune Faucon crècerelle ©JLS