CARNET DE TERRAIN

Compte rendu de sortie

79)

 

 

Vendredi 25 mai 2012

 

Pyrénées atlantiques

Massif des Arbailles

Haute-Soule - 64

 

 


Le Chocard à bec jaune

(Pyrrhocorax graculus)

 

 

1ère partie

Le Chocard à bec jaune est un oiseau strictement montagnard. Souvent, à tort, les randonneurs le nomment « Choucas » ! En fait, le Choucas est une autre espèce (le plus petit des corvidés) qui ne vit pas en montagne. Il est noir lui aussi, mais il a une tâche grise sur la nuque et le cou. Son bec est court et gris.

Le Chocard a un plumage entièrement noir à l’ aspect lustré. Son bec d’un beau jaune est long et très légèrement recourbé. Sa taille avoisine celle d’ un pigeon. Les pattes sont rouge corail.

 

C’est un oiseau grégaire. Une colonie peut compter quelques individus et jusqu'à plusieurs centaines. Leur vol, accompagné de cris caractéristiques, est souvent un beau carrousel qui agrémente les sorties en montagne.

Outre la particularité d’être complètement inféodé au milieu montagnard, le Chocard a une autre spécificité qui est celle de nicher dans des gouffres plus ou moins vastes. C’est un corvidé cavernicole. Pour simplifier (et raccourcir mon texte !) je vais dire que hors période de reproduction, la colonie niche dans un vaste « gouffre dortoir ». Je précise « en période hors reproduction » car pour se reproduire, cet oiseau change ses habitudes. Vers la fin de l' hiver, les couples (formés à vie en principe) inspectent des gouffres situés plus ou moins loin du gouffre dortoir. En général plus petites, ces cavités sont réservées et âprement défendues de toute autre intrusion. Fin avril, la construction du nid commence et les 2 oiseaux participent (voir sortie n°22). Ce nid, composé d’herbes sèches et de crin de cheval, est placé à quelques mètres de la surface.

Il y a 5 ans, en repérage pour photographier le Traquet motteux (Oenanthe oenanthe) j’ étais tombé par hasard sur un « gouffre de reproduction » et d’ailleurs les « locataires » avaient vivement exprimé leur désapprobation de ma présence si proche ! Je ne m’ étais plus intéressé à ce gouffre jusqu’ à la semaine dernière, où en prospection dans le secteur au Monticole de roche (Monticola saxatilis ) en compagnie de Stéphane, un copain ornitho, je me suis rappelé du site et lui ai montré la cavité. Là aussi nous fûmes accueillis par moult cris du couple installé. J ‘ai profité que les deux oiseaux soient dehors pour enlever de l’ entrée une ronce qui poussait en travers libérant ainsi un peu plus le passage. L ‘envie m’ est alors venue de réaliser un nouveau reportage photographique sur le Chocard. En voici le récit :

 

Vendredi 25 mai 2012

 

05h00 : debout ! le site n’ est qu’ à 10 mn de la maison mais je veux être en place avant l’ arrivée ou la sortie des oiseaux.

 

05h50 : j’ installe l’ affût. 5 mn plus tard, je commence l’ attente ! Je regarde et écoute la nature s’ éveiller autour de moi !

J’ adore ce moment ! Que du bonheur !

 

06h30 : un Chocard se pose sur le piquet de clôture indiquant l’ entrée qui s’ouvre au ras du sol dans la prairie. Est ce le mâle ou la femelle ? Dans son livre « Grands rapaces et corvidés des montagnes d’ Europe » Claude Dendaletche écrit que " le mâle nourrit la femelle qui reste au nid ". Donc logiquement, c’ est le mâle qui rend sa première visite matinale à sa compagne. J ‘observe ses réactions face à l’ affût et comme il semble complètement l’ignorer je suis serein pour la suite de la journée.

 

Le mâle vient toutes les ½ heures pour nourrir la femelle. Il reste environ 5mn dans le gouffre puis ressort se poster sur le piquet pour une séance de toilettage et d’ébrouement. A 10h10, il est suivi par la femelle qui sort pour la première fois de la matinée. Ils restent ensemble quelques secondes, puis ils s’ envolent. Je les vois décrire des cercles au dessus du vallon, puis disparaître de ma vue. A 10h15 elle est de retour et plonge aussitôt dans le gouffre pour couver. Le mâle reprend son rythme de nourrissage.

 

11h30 : la lumière devenant trop dure je décide d’ arrêter et profitant de l’absence du mâle je plie mon affût (vraiment génial cet affût 2 secondes) et rejoint mon véhicule garé non loin.

 

En conclusion : grâce à cette sortie j’ en ai appris un peu plus sur le comportement de cet oiseau et je pense que je vais refaire une séance bientôt. A suivre donc …

 

 

 

 

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